La fonction symbolique de l'image et de la couleur.
Image

La symbolique de l’image médiévale est indissociable de l’histoire du Livre.


Dès le IVᵉ siècle, les livres sacrés étaient les ouvrages les plus répandus.

Les moines dans les scriptoriums travaillaient à leur réalisation, et ce jusqu’au XIIᵉ siècle.

Objets utilitaires, ils étaient investis d’un sens sacré ; considérés comme le siège de la Vérité, de la Connaissance, ils reflétaient la Sagesse suprême, l’enluminure participant à cette notion.

Inspirée par le contenu du texte qu’elle illustre, l’image facilite sa compréhension.

Conçue pour visualiser des concepts abstraits ou pour synthétiser un texte complexe, l’image, dans la société médiévale, a plus d’impact que le mot.

Par le jeu des formes et des couleurs, par sa charge symbolique, elle vise un niveau de connaissance et de contemplation, elle permet d’accéder à ce que l’intelligence ne peut saisir.

En élevant l’esprit, le regard peut alors pressentir une réalité « supérieure », car ce n’est pas l’aspect matériel des choses, mais bien leur essence et leur signification qui doivent être représentées, le visible ouvrant une fenêtre vers l’invisible.

Image

LA FONCTION SYMBOLIQUE DE L'IMAGE.

Les enlumineurs et plus généralement les peintres vont œuvrer pour mettre en lumière l’art de l’image. Cette Lumière impalpable, qui revêt un caractère sacré, va cheminer avec les représentations de l’Invisible.

En effet, l’histoire du monde chrétien se déroule sous le regard de Dieu.

Une des fonctions de l’image sera de faire cohabiter des scènes du monde réel et des représentations très diverses de la Divinité. Visible et Invisible vont se conjuguer à l’infini au travers de formes artistiques complexes et diverses, où l’imaginaire fécond sera peuplé de signes et de symboles. Les liens tissés par Dieu entre les hommes et son milieu cosmique se déclineront dans le monde des formes et des couleurs, monde perçu dans une totalité admirablement construite et organisée.

Image

Le sens de l’univers s’ouvre sur un au-delà transcendant où l’or occupe une place privilégiée.

Métal inaltérable, symbole de richesse et de pouvoir, l’or s’impose de lui-même pour représenter la Divinité incréée.

Reflet de la lumière céleste, absolue perfection, l’or possède un rayonnement propre. Libéré de la forme, presque immatériel ( une feuille d'or = 0,7 mµ ), l’or fait naître une splendeur indestructible. Lueur, éclat, sa force de transfiguration est autre que celle des couleurs.

Si celles-ci vivent de la lumière, l’or est lui-même lumière active et rayonnement.

Par sa contemplation, l’homme s’approche « des ténèbres éblouissantes » du mystère pur.

On peut se demander si une telle perception symbolique de l’homme et du monde n’est pas devenue totalement anachronique de nos jours.

En effet la science semble avoir désacralisé le cosmos. Alors qu’hier planaient de grands mystères, aujourd’hui tout voudrait trouver explication et raison d’être.

La connaissance scientifique a pour but de déterminer les lois de la nature alors que la connaissance symbolique en livre la signification .

Cette complémentarité nous permet pourtant de pénétrer humblement dans l’univers pictural de jadis.

Image

Dans le livre de l’Exode, il est dit qu'après son départ de l’Égypte le peuple d’Israël conclut une alliance avec Dieu sur la montagne du Sinaï. À cette occasion, Moïse reçoit les deux tables en pierre portant les commandements, écrites par le doigt de Dieu. (Ex. 31: 18)

 

  • . « Les tables étaient l’ouvrage de Dieu, et l’écriture de Dieu, gravée sur les tables» (Ex. 32:16).

    « Des deux côtés étaient écrits les dix commandements. Sur la seconde, on peut lire : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre »
    (Ex. 20:4).

 

Les juifs ne font pas de représentations de Dieu, les musulmans non plus car ils ne se réfèrent qu'à l'Ancien Testament.

Toutefois le coran n’interdit pas la figuration du prophète Mohammed : Seule la représentation de Dieu est interdite. Mais, ici ou là, ponctuellement, l’islam a eu la tentation d’étendre cet interdit sur la représentation de Dieu à son prophète.

Image

 

Pour nous, chrétiens catholiques ou orthodoxes, c'est principalement sur cette parole du Christ que s'appuie l'autorisation de représenter Dieu dans les images :
 

  • À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples :

    « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père.

    Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »

    Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »

    Jésus lui répond :

    « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe !

    Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ?

    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres.

    Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. »

      (Jean 14, 7:11).


Ainsi par le Fils nos yeux ont vu le Père, nous pouvons donc nous Le représenter, ou en faire la figuration.  

Certains chrétiens protestants principalement évangéliques (tout comme le mouvement des iconoclastes durant le Bas-Empire à Byzance au IXᵉ siècle) sont revenus à l’interdiction liée au Décalogue.

LA FONCTION SYMBOLIQUE DES COULEURS.

Blanc.

Image

Associé à la pureté, la lumière, la joie et la gloire. ​ Dans les civilisations traditionnelles, il symbolise l'ancêtre et est souvent utilisé pour représenter la divinité ou la sainteté.


Associé au Christ, à l'Eucharistie, aux Anges, aux âmes des justes, aux confesseurs et aux vierges.

Utilisé dans les vêtements liturgiques pour les fêtes des saints et des martyres.

Jaune.

Image

Associé à la lumière, au soleil et à la richesse. ​ Le jaune était parfois utilisé comme succédané de l'or.

Ultérieurement, aux alentours du XIIᵉ siècle, cette couleur sera associée aux parias, à la trahison et à la maladie.

Rouge.

Image

Considéré comme la couleur par excellence, le rouge symbolise la passion, la vie, le sang, la force et le pouvoir.

Il est également associé au moins jusqu’au Xᵉ siècle, à la royauté et à la divinité.

Il évoque aussi l'Amour divin, la passion et le martyre.


Orange : (nuance intermédiaire entre le rouge et le jaune).

La couleur orange, n'est pas distinctement différenciée du rouge.

Il évoque quelques fois, l'enthousiasme, l'énergie et la gloire divine.


Rose : (nuance intermédiaire entre le rouge et le blanc).

Symbolise la joie, l'amour tendre et la spiritualité. Utilisé parfois dans les célébrations liturgiques pour marquer une pause dans la pénitence.

Pourpre.

Image

Autrefois considérée comme une variante du rouge, la pourpre est perçue comme un symbole de prestige, de pouvoir et de divinité.

La pourpre était réservée aux rois, empereurs et à l'Église.

Elle représentait la richesse, la noblesse, la dignité et la majesté.

Vert.

Image

Représente la nature, la vie, la renaissance, l'espérance et la régénération et la résurrection.

Aux XIᵉ et XIIᵉ siècles, les crucifixions sont souvent ornées de motifs végétaux luxuriants ou d'une bordure verdoyante. Il arrive même que certaines croix soient entièrement revêtues de peinture verte.

Les verts végétaux étaient couramment employés pour enrichir la palette des artistes.

Bleu.

Image

Bleu : Symbole de loyauté, de courage, de fidélité et du monde céleste.

Il symbolise aussi la vérité et la contemplation divine.

À partir du XIIᵉ siècle, le bleu devient une couleur royale et sacrée, notamment associée à la Vierge Marie.


Violet : ( nuance intermédiaire entre le rouge et le bleu).

Associé à la spiritualité et à la méditation, i est souvent utilisé pour représenter des figures religieuses ou des concepts divins.

Il s'agit d'une teinte intermédiaire entre le bleu et le rouge, qui symbolise également la pénitence, la préparation spirituelle ainsi que la royauté divine.

Fréquemment employé durant la période de l'Avent et celle du Carême.

Noir.

Image

Représente l'obscurité, la nuit, le deuil, la mort, la pénitence, l'abstinence et le renoncement.

Il est également associé à l'humilité et à la simplicité.


Gris : (nuance intermédiaire entre le noir et le blanc).

Représente l'humilité, la tristesse ou la neutralité.

Ainsi, c'est une conception géométrique suivant la proportion dorée, à partir d'un cercle dont le diamètre est équivalent à la longueur du segment AB : (AB = 1) (BC = 2)

  • Le triangle rectangle de coté AB mesure : AC2 = 12 + 22 = 1 + 4 = 5.
  • Le rayon du cercle mesure donc ½ (DO ou DF = ½)
  • Donc, AD + DF = √52  +  12

    AF est donc égal à φ

    AF = AD + DF. Soit : √52 + 12 =  φ


    FC = DC - DF. Soit : √52 - 12 =  1φ

Ainsi, c'est une conception géométrique suivant la proportion dorée, à partir d'un cercle dont le diamètre est équivalent à la longueur du segment AB : (AB = 1) (BC = 2)

  • Le triangle rectangle de coté AB mesure : AC2 = 12 + 22 = 1 + 4 = 5.
  • Le rayon du cercle mesure donc ½ (DO ou DF = ½)
  • Donc, AD + DF = √52  +  12  

Contact

Adresse postale

Mireille et Renaud Marlier

15, Route de l'envers

88120 BASSE SUR LE RUPT

Courriel

contact@enluminure-peinture.fr

Téléphone

+33 (0)7 81 92 54 12

Image